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Principe B : la participation | Scrutin préférentiel

Scrutin préférentiel pour le Canada

Les partis élisent leur chef avec un scrutin préférentiel 1,2,3. Élisons les députés de cette façon!

Principe B : la participation

Le 10 mai, le gouvernement a publié ses principes pour la réforme électorale. Dans cette série, nous examinons ces principes un par un.

b) Participation : que la mesure proposée encourage le vote et la participation au processus démocratique, favorise une civilité et une collaboration accrues au sein de la sphère politique, améliore l’unité sociale et offre des possibilités d’inclusion des groupes sous représentés dans le processus politique;

Ce principe de participation englobe plusieurs concepts. Nous allons commencer d’abord avec le concept le plus simpliste, quele mode de scrutin changerait le faible taux de participation électorale au Canada? Certains adeptes des différents systèmes électoraux présentent régulièrement des corrélations simples montrant leur système électoral préféré a une participation électorale plus élevée, une différence d’un seul petit chiffre. Les corrélations simplistes sont erronées. Des études plus sérieuses qui excluent les facteurs de confusion ne montrent aucune différence dans le taux de participation. Le facteur de confusion majeur est le vote obligatoire. Est-ce que nous disons cela parce que le vote préférentiel ne peut pas faire un argument semblable? Bien au contraire. En appliquant la même méthodologie pour les scrutin préférentiel on montrerait qu’il a un taux de participation de 30% plus élevé, mais nous ne tenterons pas de faire valoir que cette corrélation est significative. L’Australie, le seul pays comparable majeur avec une longue histoire de scrutin préférentiel, a un taux de participation de 93 %. La comparaison n’est pas valable, parce que chaque pays a ses propres facteurs uniques qui influent sur le taux de participation.

Nous pouvons regarder les pays qui ont changé leur mode de scrutin de SMU à autre chose pour voir si leur participation a augmenté. Après le changement le taux baisse généralement, mais aurait-il baissé de toute façon? Nous pouvons regarder les pays qui ont un mode de scrutin pour une élection et un autre pour une autre élection. En Europe, il existe de nombreux cas où les élections aux parlements nationaux utilisent le SMU ou le vote à deux tours, un proche parent du scrutin préférentiel, et les élections au parlement européeen qui utilise la représentation proportionnelle. Dans chaque cas, le proportionnel a un taux de participation inférieur de 30-50 % dans le même pays. Mais est-ce en raison du système électoral ou parce que les électeurs de ces pays se sentent moins engagés dans les élections européennes? Notre position est que dans le mode de scrutin a relativement peu d’effet sur le taux de participation. Les réponses à ce problème doivent être trouvées ailleurs.

En termes d’encourager la participation au processus démocratique, au-delà de voter, le scrutin préférentiel ajoute une dimension au processus qui n’est pas disponibles dans tout autre système: la campagne pour les deuxième et troisième choix des électeurs. Pour ceux qui sont démotivés de participer en tant que bénévole ou candidat par le degré de partisanerie et negativité requis par les campagnes, le scrutin préférentiel attire un type de personnalité différente : celles qui sont plus collaboratives et prêtes à tendre la main à ceux qui ont des points de vue différents.

C’est une caractéristique unique du scrutin préférentiel que ceux qui cherchent à &etre élus ne devrait plus considérer les membres de la communauté comme étant soit des partisans soit des adversaires, ils doivent s’engager avec des personnes dont le premier choix est un autre candidat, et les convaincre qu’ils sont un bon second choix. Certains candidats peuvent même suggérer à leurs partisans que d’autres candidats méritent leurs votes de second choix. Être trop négatif envers les autres candidats et leurs idées est contre-productif; ça aliène leurs partisans et perd leurs votes de second choix. À cause de cela, la campagne aura une plus grande civilité. Cette civilité et la volonté de tendre la main aux adversaires politiques est une source d’unité sociale. Il est vérifié expérimentalement que les campagnes de scrutin préférentiel sont moins négatives.

Dans son sens habituel dans la littérature de recherche, « groupes sous représentés » veut dire des groupes démographiques comme les femmes et les minorités ethniques, religieuses et raciales. La faible proportion de femmes et de certaines minorités à la Chambre des communes par rapport à la population canadienne fait partie d’un problème plus vaste qui se trouve aussi dans les conseils d’administration, dans la science, la technologie et l’ingénierie, dans les forces policières, et dans de nombreuses autres professions.

Encore une fois, des adeptes de systèmes électoraux viennent parfois avec des corrélations illusoires entre les systèmes électoraux et la représentation des différents groupes, mais en fait le facteur prédictif principal n’est pas le système électoral, mais la présence de contingents, ainsi que des facteurs sociétaux. L’Australie, avec le scrutin préférentiel, a plus de femmes dans les chambres haute et basse élues que le Canada, mais encore une fois cette corrélation est fausse.

Quels que soient les facteurs en jeu au Canada, ni les électeurs ni le système électoral sont pertinents. Au cours des dernières élections au Canada, le pourcentage de femmes dans chaque caucus était dans un couple de points du pourcentage de femmes qui se sont présentées sous la bannière de chaque parti. Les processus des partis pour le choix de leurs candidats parmi le vaste bassin de personnes disponibles ont permis de réduire la proportion de femmes de 50% à 43%, à 31% ou à 19% pour les grands partis. L’élection elle-même, où les partis, les systèmes électoraux et les électeurs contribuent ensemble à une sélection parmi les candidats proposés, amenuise un peu plus à 42%, 27% et 17%. Les électeurs et le système électoral ensemble réduisent ainsi la proportion de femmes de seulement 2%, tandis que les décisions et les processus des partis politiques sont responsables de la part du lion de l’élimination préférentielle des femmes du processus de devenir député. Les chiffres pour les minorités visibles sont analogues.

123-femmesLa façon d’augmenter le pourcentage de femmes et d’autres minorités au Parlement est de convaincre les partis à s’engager à éliminer les obstacles internes qui empêchent encore de manière disproportionnée certains groupes de candidats potentiels compétents d’être présentés à l’électorat. Le mode de scrutin et les attitudes du public ensemble ne représentent que 2% de l’écart.

Il y a des groupes sous-représentés d’autres types. Nous avons déjà discuté comment le vote préférentiel changerait les types de personnalités qui réussissent à devenir députés. Mais qu’en est-il de la représentation des opinions minoritaires détenues par les électeurs dont le premier choix peut être un(e) indépendant(e) ou candidat(e) d’un parti qui a peu de chance d’être élu au niveau de la circonscription ou de faire partie du gouvernement? Voici où le vote préférentiel dans des circonscriptions uninominales a deux effets particuliers: donner aux électeurs ayant un point de vue minoritaire une plus grande influence, et la distinction entre les points de vue minoritaires qui sont respectés par les autres et ceux qui sont un anathème pour les autres.

Comment ces électeurs gagnent plus d’influence? Dans le système actuel et plus encore dans les systèmes proportionnels, les députés élus de ces partis ont une influence si et seulement si le hasard de l’arithmétique est tel que les grands partis ont besoin les voix des petits partis pour devenir le gouvernement. Dans ces rares cas, ils ont une influence hors de proportion avec le mandat que leur a donné les électeurs, alors que dans d’autres cas, ils n’ont aucune influence. Dans les régimes de scrutin préférentiel, ceux qui votent pour les candidats de ces petits partis ont une influence dans la détermination de quels candidats des grands partis seront élus, parce que leur vote de deuxième choix sera compté. Que ce soit par accord entre les partis avant l’élection ou par l’intermédiaire du ciblage des électeurs, les grands partis vont adapter leurs politiques et de leur campagne pour faire appel aux électeurs des petits partis. Il ne s’agit pas d’une entente en coulisse après l’élection, mais d’un mandat démocratique direct de ces électeurs qui détermineront qui devient le gouvernement. C’est une raison pourquoi le Parti vert de l’Australie, entre autres, sont de fervents partisans du scrutin préférentiel qui leur donne moins de députés, mais plus d’influence.

Toutefois, les partis racistes et ceux qui sont des parias parmi la plupart des électeurs ne recevront aucun tel avantage, bien au contraire. Par exemple, à plusieurs reprises les candidats du Front national en France ont obtenus suffisamment de votes de premier choix pour obtenir un pouvoir important si l’élection avait eu lieu avec un système majoritaire comme celui du Canada. Cependant, la France dispose d’un mode de scrutin à deux tours, un proche parent du scrutin préférentiel. Les partisans des autres partis n’ont pas accordé leur deuxième choix aux candidats du FN, et à la fin ils ont obtenu très peu d’influence parlementaire, au soulagement de la plupart des électeurs.

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